mokuhanga

De la gravure sur gomme au mokuhanga.

Je suis super heureuse car ne l’oublions pas mais ce qui m’a conduite au Japon c’est l’art et plus particulièrement celui de l’estampe, le mokuhanga.

mokuhanga
L’atelier est terminé. Photo du résultat, avec Kawaii, le prof.

Gravure sur gomme, à l’hôtel.


Hier soir dans la chambre de l’hôtel (grande comme un mouchoir de poche, une vraie partie de tétris pour y entrer ma valise) j’ai pu graver.

C’est la 1ere fois que je grave et imprime dans une chambre d’hôtel. Grand luxe. J’ai réalisé une vue du tori de Meiji jingo sur gomme. Normalement je n’utilise la gomme que pour faire des tampons ou dessins humoristiques mais je me suis dis que là c’était idéal pour réaliser des cartes postales : A petit espace, petit format.

  • Mon carnet de croquis à peine plus grand qu’un A5 me servait de sous main.
  • Une gomme me servait de table d’encrage.
  • J’ai imprimé à la main avec les aquawash de Charbonnel.

Les premières cartes postales !

Très satisfaite du résultat. Et très pratique pour ne laisser aucune trace dans la salle blanche immaculée d’un hôtel. La seule chose qui m’a déçue, mais c’est entièrement de ma faute, c’est que quand j’ai acheté mes encre en France, j’ai fait attention aux couleurs mais l’une d’elle n’était pas rangée à la bonne place et n’est donc pas une aquawash. Je devrais donc me limiter à des impressions noires. Bien qu’avec ce que j’ai vu dans les livres techniques que j’ai feuilleté au magasin l’autre jour il y a des trucs vachement cool à faire avec la gomme et le contenu de ma valise…

Mais je n’ai pas acheté le livre : ma valise étant à la limite de l’excès Maman repart avec une partie de mes affaires et a refusé de transporter toute une bibliothèque…

J’ai gravé une deuxième gomme mais je ne l’ai pas encore imprimée. J’attends d’ avoir plusieurs matrices de prêtes avant d’encrer car il ne faut pas salir les murs blancs, l’évier blanc, le porte savon blanc… qui lui n’est plus si blanc que ça. Oups.

La découverte du Mokuhanga.

Aujourd’hui était une journée incroyable. Enfin disons plutôt qu’il y a eu 2 heures tellement intenses qu’elles valent pour la journée.


Le matin on voulait aller à un marché. 2 GPS, 1 carte, 1 plan, 1 boussole, 3 japonais et … on n’a jamais trouvé le marché. Et à 17h47 nous avons pris le spacieux, confortable, lumineux et ruineux Shinkansen. Les transports me paraissent très chers ici.

Le workshop de mokuhanga, une chance !

Donc pendant ces 2 heures j’ai assisté, pardon, j’ai PARTICIPE à un workshop d’impression traditionnelle des gravures sur bois japonais.

Le principe de l’atelier a été fondé par un occidental mais ce sont bien des imprimeurs japonais professionnels qui nous expliquent. Grand coup de chance j’étais toute seule !Et comme je suis moi même graveur, ça a duré 2 heures au lieu d’une et j’avais 2 imprimeurs à ma disposition !

J’ai pu poser toutes les questions que je me posais depuis des années…

Il faut savoir que quand je leur ai décrit comment on les “imite” en France, qu’un baren (outil d’impression) coutait 2€, qu’on utilisait de l’aquarelle et que je mettais la couleur avec une brosse à ongles… Ils ont fait beaucoup d’effort pour ne pas rire.

Le véritable baren.

Je sais depuis longtemps que celui que nous vendent les magasins d’art en France n’a rien à voir avec le leur. Je le sais parce-que face aux résultats minable de l’impression, et à la détérioration rapide de l’outil, j’en ai disséquer un. Et qu’y avait-il à l’intérieur ? RIEN. La voilà la cause du problème.

baren pour mokuhanga
intérieur d’un
baren traditionnel

Normalement il y aurait dû y avoir une cordelette tressée. Pourquoi ne trouve-t-on pas de vrai baren en France ? Peut être parce que quand on nous dit que 10 cm de bois, 2 mètres de corde tressés et une feuille d’arbre coûte entre 100 et 900$, c’est toi qui te retient de ne pas rire…
Pour avoir testé le baren à 2€ et celui à 200€ je peux dire qu’il y a bel et bien une différence d’environ 198€ sur le résultat…

Pas du point de vue de la propreté ou de l’intensité des couleurs (car on peut tous appuyer comme des sauvages) mais du point de vue de la finesse, de la subtilité. Laisser tomber aussi les aquarelles et encre de couleurs. Le pigment y a que ça de vrai. J’avais déjà testé mais n’avais pas compris les proportions. Et il me manquait quelques étapes …

Au boulot !!!

Maintenant va falloir graver et imprimer pour le coup de main. Et j’ai hâte. Je dis ça, mais y a presque dix ans je suis partie pendant une semaine apprendre une technique incroyable qui allait transformer mon atelier aussitôt rentrée et dont j’ai quasiment tout oublié. Mais à l’occasion j’y retournerai.

C’est toujours sympa de se couper du monde, dans un pays étranger, pour se consacrer uniquement à l’art.
Et sinon c’est quoi la good news ? Une formation à la gravure japonaise à 1heure de Tokyo…. mais il va me falloir du temps de renflouer la tirelire. D’ici là, j’ai de quoi faire ….

Kyoto, 14 juillet 2019

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