Images du monde flottant.

Ebauche du monde flottant.

Je n’avais jamais réalisé que mon travail s’orientait vers une représentation d’un monde flottant. Une thématique qui s’est installé petit à petit au cours de l’année 2017…

Certes, mon travail abordait les thématiques de la mer et du ciel, d’Icare, de l‘impermanence des choses, de la fragilité de la vie… Et dès que l’on se penche un peu sur l’histoire de l’Ukiyo-e, on peut établir pas mal de parallèles …
Plus récemment mon mari m’a fait part que mes créations lui évoquaient quelque chose d’instable. Réflexion qui m’a faite rire, car ce que j’admire dans son travail c’est justement l’équilibre…

Malgré tout cela, il aura fallu une exposition (enfin surtout un gros imprévu technique) et une rencontre pour que s’opère une prise de conscience.

  • monde flottant

Premières représentations du monde flottant. on voit la maquette de “le monde change” ainsi que le premier module de pleine mer. 15 et 16 septembre 2017, sur le parvis de la mairie du XI à Paris, lors de l’exposition “Génie en liberté”.

Image du monde flottant.

Le terme de “monde flottant ” est la traduction du terme Ukiyo-e, qui renvoie à la représentation du quotidien non sublimé. Bien que les estampes qui nous soient parvenues, dégagent pour nous exotisme, splendeur et quelque chose d’idéalisé (peut-être la perfection du trait), l’art de l’ukioyo-e ne s’intéresse qu’aux instants pris sur le vif et n’intéresse pas les riches de la société d’alors. L’ukiyo-e est considéré comme un art “vulgaire”.

La poésie d’un mot.

Personnellement, avant la même la représentation, c’est le nom même “monde flottant” qui a éveillé quelque chose en moi. Cette expression poétique m’évoque la fragilité et l’instabilité. Mais aussi quelque chose de hors du temps comme si le monde était suspendu dans une bulle.

Enfin, il y a un jeu de mot. Jusqu’au XVIIIème siècle, le Kanji utilisé pour écrire UKI (monde réel) était celui de la tristesse

Une femme.

Je ne sais rien d’elle si ce n’est qu’elle vient du Gabon. Elle m’aborde près de la Fontaine Saint Michel car elle était perdue, puis commence à parler.

L’inattendue de cette rencontre, son look extravagant _ cheveux hirsutes, vêtements bariolés et le corps chargé de lourds bijoux_ m’ont tout d’abord empêcher de prêter attention à ses paroles.

Puis le ton de sa voix s’est fait plus grave, plus profond et me voilà captivée par cette étrange femme.

Elle connait la dictature. Elle est venue ici, en France, pour accomplir une sorte pèlerinage en mémoire de la Liberté et des droits de l’homme.

Nous sommes alors dans l’entre deux tours politique. Macron vs Lepen.

Elle me confie être choquée de ce terme de « migrants ».

Je suis africaine, et partout où j’irai je serais africaine. Mais ces pauvres gens qu’ont-ils fait pour qu’on les prive ainsi de leur identité ? De leur humanité ? En leur donnant des noms d’oiseaux ?!

Une femme en pèlerinage pour la liberté.

Je regretterai toujours de ne pas avoir filmé cette étrange femme.

Une expo.

Cette rencontre fut le point de départ de tout un travail de recherche sur la migration, l’errance et plus généralement la déshumanisation. Travail que j’envisageais de présenter pour la première fois lors de “génie en liberté.”

Mes sculptures auraient d’abord dues être posées sur des socles bien stable. Mais voilà que la veille de l’exposition j’apprends qu’elles seront accrochées sur un fil tendu entre des arbres !!!!

Cet imprévu me force à regarder mon travail d’un œil neuf  et c’est alors que je réalise que tout est suspendu, flottant dans un univers plus grand. L’homme entre la mer et le ciel, le monde flottant dans l’espace.

Montfermeil, le 9 décembre 2020.

Liens complémentaires :

Œuvres se rapportant à la thématique du monde flottant.

Liens externes.

  • L’exposition Hiroshige à la Pinacothèque en 2013.
  • Le travail de mon mari et ses milliers de petits bonhommes en équilibre…
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