La première carte postale.

Aujourd’hui j’ai rencontré.Dominique Julien, journaliste pour la ville de Montfermeil. J’étais super excitée et intimidée. C’est la deuxième fois que je la rencontre (et que j’ai à faire à un journaliste…). Elle est très avenante, enthousiaste et humaine. Rien à voir avec les journalistes des séries américaines. En même temps je ne suis ni un super héro, ni un super méchant (Je me sens plutôt comme quelqu’un qui hésite entre devenir ermite et partir à la rencontre des autres), ni dans un film d’action. Ceci explique cela.

J’avais été très touchée par son intérêt pour mon travail lors de notre première rencontre alors j’ai profité de cette nouvelle expo pour reprendre contact. Et voilà que non seulement elle me répond et qu’en plus mon projet « 1001 km d’artistes » au Japon l’intéresse.

On avait rendez vous à 14h. A 14h20 je me dis « encore une disparition d’un évènement positif dans ma vie ». Mais la dernière « disparition » (celle d’un de mes 1ers contacts au Japon) m’a appris qu’on ne disparait pas comme ça. Alors je suis partie à sa recherche et elle a réapparu : je n’ai pas entendu ma sonnette qui ferait danser un mort et elle n’avait plus de batterie … J’étais fort ennuyée, je n’ai pas l’habitude qu’on se déplace comme ça pour moi.

Le projet que D. me propose est d’écrire en quelque sorte des « cartes postales » aux montfermeillois qui seraient diffusées via les réseaux. J’ai tout de suite adoré l’idée. En plus à la base j’ai déjà prévu de graver des cartes postales dans chaque ville où j’irai. Ce qui me plaît énormément est que grâce à ça je vais peut-être créer un lien avec les habitants de Montfermeil car plus je vis ici et plus je m’y sens chez moi.  Et puis il y a la notion de partage. Depuis que j’ai décidé de partir, je refuse d’y aller juste comme ça, de revenir et que ce soit finit comme si de rien. Je n’arrête pas de me dire que c’est une chance tellement extraordinaire que je dois en faire quelque chose. Profiter de cette occasion au maximum, créer des liens, permettre à ceux qui n’ont pas cette chance de partager ce moment avec moi. C’est cette idée qui est à l’origine de « 1001 km d’artistes ». Partir à l’étranger, rencontrer des artistes et essayer de rapporter quelque chose d’un peu plus vivant qu’une tour Eiffel en plastique (même si j’avoue avoir acheté un lot de 50 portes clefs tour Eiffel pour remercier les artistes japonais qui m’accueilleront chez eux).

Enfin dans cette idée de partager cette aventure avec d’autres, il y a quelque chose qui m’émeut. La dernière fois que je suis partie à l’étranger dans un but artistique (il y a fort longtemps, à une époque où internet n’était pas à volonté), ce fut un véritable désastre. Pendant 6 mois j’ai eu l’impression de vivre enfermée comme un rat de laboratoire, coupée du monde sans possibilité de faire ce pourquoi j’étais venue : créer. Et depuis quelques mois j’ai peur de reproduire la même chose car même si une part de moi se rêve ermite, la solitude ça me tue. Maintenant je me dis que même s’il n’y a que 10 personnes qui me suivent, je ne serai pas seule. Savoir que des gens auraient aimé faire ce que je compte entreprendre, et auront plaisir à partager et découvrir cette aventure avec moi, je ne me sens plus seule du tout. Je me sens soutenue. Pour la première fois depuis quelques mois je n’ai plus peur d’attraper le mal du pays et j’ai même hâte de partir et d’envoyer la 1ere carte postale.

2 Comments
  • François
    Posted at 17:32h, 06 décembre Répondre

    Merci de partager cet extraordinaire voyage.
    Organisé de main de maître.
    Merci aussi d’avoir montré à nos amis japonais la qualité et le savoir faire des artistes féminines françaises..
    François

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