Le choix de ne pas choisir.

L’art c’est la liberté. Ma liberté est de ne pas me restreindre. Or, depuis toujours, la société nous impose des choix :

  • Choix de notre métier alors qu’on est encore enfant.
  • Choix de nos études alors qu’on n’a pas la moindre idée de ce qu’on voudra faire plus tard.
  • Choix des activités extrascolaires (que ce choix soit imposé pour des raisons temporelles ou financières).

Mais il est une chose encore plus dure que de choisir :

Revenir sur sa décision s’avère être un véritable parcours du combattant. Comme si vouloir vivre de nouvelles expériences était signe d’instabilité, d’échec :

« Tout ce temps et cet argent investi… et tout ça pourquoi ? Pour rien. »

J’ai donc décidé de faire le seul choix, qui selon moi, me permettrait de ne pas choisir ou, à défaut, de revenir autant que nécessaire sur mes décisions, de changer de route chaque fois que l’envie m’en prend. Le choix qui m’offrirait une infinité de possibles et le droit de les essayer tous !

Le choix de l’art !

C’est justement cette infinité de possibles que je souhaite partager. Celle qui met Matisse, ma famille, un bord de mer ou un pissenlit sur un pied d’égalité. La liberté de donner la même importance à un rêve, un souvenir, un désir, une émotion passagère ou l’instant présent.

J’ai toujours été touche à tout et cela m’a toujours frustrée de choisir une possibilité au détriment des autres.

La société parvient même à nous imposer des choix au sein de l’art : choisir une technique, un thème et s’y tenir en nous menaçant que dans le cas contraire nous n’arriverons à rien. En effet comment le public nous reconnaitra-t-il si lundi nous sommes peintre et mardi sculpteur ?

Un droit duquel les grands maîtres de l’histoire de l’art se sont pourtant emparés …

L’impossibilité de tout faire.

L’argument qui revient le plus souvent face à la multitude des voies qui s’offre à nous est l’impossibilité de tout faire correctement.

Pourtant, j’ai constaté que ce discours était l’apanage de ceux qui pensaient que la différence entre rêve et réalité était que le premier est impossible à atteindre par sa définition même de rêve.

Il suffit de regarder la production de Picasso ou les multiples casquettes de Léonard de Vinci pour remettre cette évidence en cause. Autre temps, autre époque ? Mais demandez-vous quels emplois ces deux artistes auraient bien pu faire de toutes les technologies dont nous disposons actuellement ?

Et pourtant j’ai fait des choix.

Malgré tout cela, j’ai fait un choix. Même plusieurs. Mais ces choix ont en commun de ne pas m’enfermer sur un trajet tout tracé. A première vue, ils peuvent apparaître comme très restrictifs. Ils sont en fait ma réponse personnelle à une demande de la société qui nous demande d’être de plus en plus polyvalents tout en étant spécialisés dans un domaine.

Le choix de l’art.

Ce qui m’a séduit dans l’art, c’est sa liberté apparente. L’idée que tout est possible. Et effectivement en tant qu’artiste je me fait tantôt reporter, tantôt ingénieur. Mécène ou bien écrivain, poête, astronaute et pourquoi pas peintre ? L’art rend tout possible.

Le choix de la gravure.

Quelle déception, je pensais avoir enfin trouvé ma voie et voilà que je découvre que je suis trop dispersée pour devenir artiste… Je devais choisir une technique et m’y tenir. La gravure m’offrait une solution toute trouvée :

Le geste de graver la matrice ainsi que le contact avec la matière est très proche de celui de la sculpture. L’encrage se rapproche de la peinture, le résultat d’un dessin. A chaque étape je me déplace dans l’atelier et change totalement ma manière de travailler. Et mieux, du fait même que la technique de l’estampe permette la reproductibilité, plus besoin de choisir si je fais bleu ou rouge. Je peux tout faire. Le domaine de l’estampe m’a offert le choix de l’infini.

Le choix de la diversité.

Mais là encore, j’étais attendue au tournant :

“Tu pars dans tous les sens, on ne voit pas de fil directeur.”

On me l’a tellement répété que j’ai fini par oublier pourquoi je créais :

pour graver dans ma mémoire.

Mais je n’ai pas envie d’avoir une mémoire de poisson rouge et de ne me rappeler que d’une chose ou deux dans ma vie. Alors j’ai fait de la diversité un point d’honneur :

  • Accorder de l’importance et partager tout ce qui me touche à un moment donner.
  • Ne pas me reposer sur mes acquis et apprendre sans cesse de nouvelles techniques.

Et vous, quels choix avez-vous pris ?

Montfermeil, le 25 novembre 2020

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