Les Beaux-Arts.

Comme vous l’avez peut-être constaté, depuis le début du mois je consacre énormément de temps à mon blog. Petit à petit je reprends les vieux articles pour les améliorer, afin qu’ils ne tombent pas aux oubliettes. C’est comme ça que j’ai découvert (redécouvert), que ma toute première exposition date d’il y a tout juste 10 ans.  Il y a 10 ans je terminais ma première année aux Beaux-arts. Un de mes premiers rêve d’artiste se réalisait.

En route vers les Beaux-Arts.

En terminal, Bac L option arts plastiques.

Je voulais faire une académie de peinture, être artiste peintre et poète. Je peignais à l’huile dans ma chambre. Mon lit était l’extension de mon chevalet et parfois je dormais par terre. Je rangeais mes peintures dans ma table de nuit. J’étais convaincue qu’un papier ne fait pas le talent, et par conséquent, ne jugeait pas utile de passer le bac. Période très difficile pour ma mère.

Le compromis a été l’école de mode.

Deux des professeurs m’ont proposée d’intégrer les Beaux-Arts de Cergy. Cergy ! depuis Paris ? Mais c’est le bout du monde !
Le troisième, Nicolas je crois, m’a dit :

« tu as le choix entre ramer six ans toute seule ou te faire chier trois ans en fac ».

J’ai choisi de ramer.

  • Après un an à ramer, j’ai choisi de me faire chier.
  • C’est donc en fac que j’ai découvert la gravure.
  • Parallèlement, je me suis inscrite à Paris Atelier, avec Francis Capdebosc.
  • Je voulais faire un Master gravure mais nous n’étions pas assez nombreux.
  • J’ai arrêté la fac.
  • En plus du cours de Francis, je suis allée à l’atelier 63 avec Joëlle Serve et Nicolas Sochos.
  • J’ai demandé à Francis, le meilleur endroit pour apprendre la gravure. Parmi les choix il y avait la Belgique, l’Allemagne et un pays de l’Est.

2010. Bruxelles, rue du midi. Académie Royale des Beaux-Art.

Les Beaux-Arts, et surtout les deux premières années, ont été une période de ma vie incroyable. Le retour en France a été difficile.
D’ailleurs, selon la page expo de mon ancien blog, qui est à l’origine de cet article, je constate que j’ai exposé les 3 années passées en Belgique, puis, à mon retour en France, plus rien. Un trou de 3 ans.

Ambiance

Je louais une chambre d’étudiant à 10min à pieds de l’école. La chambre était décorée comme dans un magasine de design. L’école ouvrait de 7h à 19h. J’y étais de 7h à 19h. Avec P’tillaume, mascotte de l’atelier et grand ami de l’époque, c’était comme un jeu de savoir qui de nous deux arriverait le premier. Le soir, nous étions de ceux que ce cher Louis devait mettre à la porte.
Au début je rentrais chez moi le midi. Puis pour gagner du temps et profiter des copains, je suis restée déjeuner sur place. Les sachets de nouilles déshydratées. 35 centimes. J’en mangeais tous les midis. Sauf quand les souris étaient passées vider ma réserve dans la nuit, ne me laissant que les sachets de sauce piquantes.

P’titllaume, Mélinounette et ma soeur d’encre.

Certes P’tillaume était une mascotte. Un chic gars timide et un peu coincé qui ne comprenait pas qu’on puisse manquer d’élégance au point de mettre des chemisettes. Quelques années plus tard, quand je l’ai revu, il portait un t-shirt et des baskets ! Quel changement ! Mais il n’était pas la seule mascotte !

Il y avait aussi, Amélie, autre grande amie de l’époque. Un parlé cru mais toujours avec classe. Un vocabulaire qui aurait paru vulgaire chez n’importe qui d’autre. Elle m’a fait découvrir les gaufres au miel de chez Hema (quand il n’y en avait pas en France) et m’avait carrément offert un grand carton rempli de sachets de nouilles. Un matin, nous avions acheté un poulet rôti que nous avions posé sur une table d’encrage chauffante pour qu’il ne refroidisse pas d’ici le déjeuner. Nous l’avons terminé bien avant.


Enfin il y avait Diane. Elle était en lithographie, l’atelier qui voisinait le notre. Aujourd’hui elle vit au Luxembourg où elle anime des ateliers d’arts plastiques Pierre Papier Crayon, dont elle est fondatrice. A l’époque je lui avais offert sa première pierre litho. Elle sera présente à mon mariage. Elle et moi sommes devenues des « sœurs d’encre ».

Un décor idyllique.

J’ai postulé en M1 et j’ai été admise mais j’ai appris qu’il y avait un Master 0. Le Master 0 c’est un peu l’équivalent d’une mise à niveau. Tu n’y étudies que les matières qui te posent problèmes. J’ai demandé à faire un M0. Je n’avais à priori aucun problème, alors cette année là je n’ai fait que de la gravure, de la gravure, de la gravure et un peu de litho par curiosité. Les ateliers étaient incroyables : il y avait même une presse “Mammouth“. Il y a 10 ans, elle comptait parmi les trois plus grandes presses d’Europe. Et à l’époque, on nous fournissait le cuivre, le papier et l’encre.

La presse Mammouth et moi en train d’imprimer des linogravures pour Georges Seconde.

Déroulement d’une journée de rêve.

Si tôt pris le petit déjeuné, je fonçais à l’école. Le soir après la douche et un dîner, je recopiais le livre d’anatomie. Le week-end, je faisais des reproductions au pastel gras et des études pour mes prochaines gravures. Les premières nuits je dormais mal, voire très peu. J’avais hâte d’être le lendemain pour retourner à l’atelier.
J’ai aussi, comme tous les étudiants, passé quelques nuits blanches à l’approche des évaluations. On exposait notre travail. Tout était pris en compte :

  • la technique
  • l’idée
  • la présentation orale
  • l’accrochage.

GRAVURE vs DESSIN

Le plus dur était de choisir ce sur quoi j’allais travailler dans la journée. Mon seul soucis (et qui en est toujours un ) était le cours de dessin.
N’y étant jamais allée, une année j’ai dû emprunter des dessins d’autres étudiants pour présenter l’examen. A l’époque je n’étais pas prof alors je ne savais pas que ça se verrait. Mon dossier est passé en commission. Mais mes notes de gravures étaient aussi bonnes que celles de dessin étaient mauvaises. Je suis passée.


La dernière année à été beaucoup moins agréable. C’était celle de mon Erasmus à Dresde, du mémoire, des cours obligatoires et théoriques ennuyeux.

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