Nikki de Saint Phalle. Saint Sebastien

Nikki de Saint Phalle (1930 – 2002)

Deux vendredis que je n’ai pas écrit. C’était un peu des vacances. Des vacances pas très reposantes. Le 7 c’était mon mariage. Le 13 mon anniversaire. Je vais donc vous parler d’une artiste qui m’a totalement subjuguée avec ses mariées et dont les nanas resplendissent de joie de vivre :

Nikki de Saint Phalle !

Nikki de Saint Phalle, la révélation.

Comme beaucoup, je ne connaissais de Nikki de Saint Phalle que les Nanas. Ok elles sont sympas et rigolotes. C’est tout. Et dans l’expo au Grand Palais j’ai découvert ses mariées !!! Tellement belles !

  • Grandes, imposantes,
  • avec une robe de plâtre et en dentelle d’objets.
  • Toute la beauté et l’angoisse de la femme, du mariage, du devoir conjugale.
  • Mais aussi la force et le pouvoir.
Nikki de Saint halle
La mariée ou Eva Maria, Nikki de Saint Phalle, 1963.

Comme la plupart des jeunes de bonne famille, j’ai été élevée pour le marché du mariage. Mariage ! Mariage ! C’était un leitmotiv. Toutes les filles de ma génération étaient élevées dans l’idée qu’il fallait se marier et se marier jeunes.

Nikki de Saint phalle

La vie de Nikki de Saint Phalle.

Je suis une grande lectrice. Pas au sens que je lis énormément car je lis lentement, mais parce que je lis de tout. Et entre romans, philo, littérature classique, science-fiction (j’accroche pas mais je suis toujours curieuse) et poésie, j’adore les écrits et biographie d’artiste. J’ai donc dévoré « Nikki de Saint Phalle » par Bernadette Costa-Prades.

Ça m’a permis d’en connaître plus sur le personnage. Son intimité.

Aux Beaux-arts on me l’avait présentée comme une avant gardiste qui jouait avec les codes, tirait à la carabines sur des ballons de peintures et avait choqué le monde avec Her (une nana habitable dont le vagin était l’entrée). Alors oui à l’époque peut-être que ça a fait mouche, mais pour moi étudiante en art du XXIe siècle, je n’ai vu que ça depuis que j’ai commencé à étudié l’art au lycée. Et je ne comprends pas en quoi c’était incroyable ou choquant ? Quel intérêt ?

Le livre de B. Costa-Prades a éclairé ma lanterne ! Et mon imagination a fait le reste.

Un personnage incroyable.

  • Une femme.
  • Jeune belle et dynamique.
  • Rebelle, éprise de liberté.
  • Avec une enfance dure et sévère.
  • Violée par son père. Chose totalement inconcevable et encore plus inavouable.

J’ai découvert une mannequin qui a joué de son physique non pas pour s’enrichir en Marie couche toi là, mais pour dénoncer certaines choses auxquelles on n’aurait pas prêté d’importance si elle n’avait pas été belle. Par exemple, avec les Nanas, si elle avait été grosse et avait voulu aborder les rondeurs féminines se serait plus passé comme un complexe qu’une prise de position.

C’était une femme émancipée qui assumait pleinement ses relations avec les hommes. Je veux dire PIRE que moi ! (Mieux ? tout dépend du point de vue ).

Enfin, si je n’aurais probablement jamais accepté d’avoir une relation comme elle a eu avec Tinguely, je trouve ça terriblement romantique que même après leur divorce elle ai continué de lui téléphoner chaque matin. Pas comme Picasso qui était un véritable BIIIIP avec ses nombreuses femmes. (Environ 8 ou 9, mais je ne suis pas sûre du chiffre exacte). Il est d’ailleurs fort intéressant d’observer comment ses femmes deviennent de plus en plus épouvantables dans leurs portraits au fur et à mesure que leur relation se dégrade.

J’en ai fait une aventurière dominatrice, aussi bien des hommes que de l’art.

L’influence Nikki de Saint Phalle.

Je dois avouer que lorsque je suis sortie de cette expostion j’éprouvais un mélange d’admiration et de jalousie. Pas de jalousie envers elle à proprement parler, mais envers tous les sculpteurs !

C’est incroyable les possibilités que leur art offre !

  • Ils ont l’espace quand moi j’ai un petit bout de papier.
  • Ils ont la matière, la texture, le toucher, le volume !!! Quand moi j’ai un petit bout de papier.

Je n’ai pas encore écris d’article dessus mais quand je suis entrée en fac je voulais être sculpteur. Ce qui m’a motivé en école de mode, l’étude des volumes et des matières. Et si finalement j’ai choisi la gravure, c’est parce qu’en plus du dessin et de la peinture, elle m’offrait le mouvement et le dynamisme de la sculpture (je n’aime pas rester sur place des heures sur un même travail. Et j’écris ça alors que je travaille ma com’ depuis 6 heures non stop sur mon ordi et que je m’éclate !).

L’espace

Quand je me suis retrouvée dans l’expo de Nikki de Saint Phalle, il y a une caractéristique essentielle de la sculpture que je n’avais jamais prise en compte :

L’espace !

Preuve que j’aurais été un mauvais sculpteur car je n’avais rien compris ! La sculpture c’est de la 3D donc forcément que l’espace est un des éléments plastiques primordial !

Bref. Avec mes gravures, techniques, et bien léchées je me suis sentie minable. Surtout que quand je suis arrivée dans cette expo j’avais une image fort positive de moi :

Etudiante sérieuse, travailleuse et expérimentale ! Qui ose et qui voit grand !

Grand dans ma toute petite feuille 60 x 80, que n’importe quelle Nana ou Marié aurait foulé des pieds sans s’en apercevoir.

De retour aux Beaux-arts j’accordai de plus en plus d’intérêt aux travaux des sculpteurs. Pourtant Nikki de Saint Phalle n’a pas fait que de la sculpture. Elle a touché à tout. Même à l’estampe avec la sérigraphie.

J’admets, je ne trouve aucun intérêt à ses sérigraphies, mais si elle a pu passer de l’espace au papier alors pourquoi ne pourrais-je pas faire le chemin inverse ?


C’est depuis ce jour que je réfléchis à comment développer mes gravures dans l’espace. La pluie et pleine mer en sont des exemples.

Mes premières perruches se prénommaient Nikki et Ting(uel)y

L’œuvre de Nikki de Saint Phalle que je préfère :

Nikki de Saint Phalle. Saint Sebastien
Saint Sebastien, Portrait of my lover / portrait of my beloved / martyr nécessaire. 1961. peinture, bois et objet divers sur bois. 100 x 74 x 15 cm.

“C’est une pièce vaudou. Un exorcisme. J’avais quelqu’un dans la peau qui, je le savais n’étais pas bon pour moi. Ma manière de sortir de cette relation : je lui est volée sa chemise. Je l’ai collée sur un panneau. J’ai mis une cible pour la tête et je l’ai tué d’une manière rituelle en lui lançant des fléchettes. Ça m’a guérie très rapidement. Je crois beauccoup à l’importance des rituels”.

Nikki de Saint Phalle.

Je compatis pleinement. Chaque fois que je vois cette oeuvre je pense à un ex ou deux et ça me fait rire !

Montfermeil, le 21 août 2020

PS : si vous avez lu de bons bouquins sur Nikki de St Phalle, faites- moi passer l’info svp. Merci 😉

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