La gravure non toxique, découverte.

Cet été j’ai eu la chance de participer au stage de gravure non toxique organisé par Henrik Boegh.
Nous sommes huit à être venus du monde entier pour nous retrouver en Andalousie à Capileira, ville classée au patrimoine mondiale de l’Unesco.

Déroulement de la journée.

Après un délicieux petit déjeuné pris à l’atelier, nous nous retrouvons autour des travaux effectués la veille pour en parler :

  • les difficultés éprouvées
  • ce qui nous a plus
  • ce qu’on peut encore améliorer…

Puis Henrik fait la démonstration d’une nouvelle technique.

Le temps passant très vite, il est déjà 14h et c’est avec un immense plaisir que nous passons à table.

L’après midi, l’atelier se transforme en une véritable ruche, expérimentations et échanges sont à l’honneur.

A 17h, c’est à regret que nous quittons l’atelier. Mais la journée ne s’arrête pas là. Randonnée, baignade en rivière, pique-nique en montagne, discussions artistiques, rigolades et croquis. C’est vraiment une chance inouïe de n’avoir rien d’autre à penser qu’à son travail.

L’atelier de gravure non-toxique.

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Vue de l’atelier.

Le film photopolymère.

La première partie de la semaine nous avons travaillé exclusivement avec le film photopolymère. Les autres techniques sont beaucoup plus accessibles et tout est dans son livre. (D’ailleurs j’avais apporté mon exemplaire et il me l’a dédicacé).

  • La photogravure.
  • Le dessin au trait et au lavis.
  • Le cliché typo.

Les deux premières nécessitent en plus l’usage d’une trame pour insoler un grain aquatinte, puis l’usage de perchlorure de fer.

Le lavis en gravure non toxique.

Je dois avouer que j’ai été épatée de pouvoir faire du lavis sans acide. Désormais je vais pouvoir utiliser tous les outils que je souhaite pour travailler la plaque puisqu’ils ne seront pas attaqués !!!! 

La photogravure.

C’est pour la photogravure (au sens transposition d’une photographie) que j’ai eu un véritable coup de foudre.

Jusqu’à présent je ne voyais pas l’intérêt de transposer une photo _ aussi bien numérique qu’argentique_ en gravure.  Comme j’étais aveugle ! Que j’étais fermée d’esprit !

Outres les possibilités infinies (duo tone, top tone, chine collé, gamme de couleur élargie, immense choix de papier), je suis littéralement tombée sous le charme du grain que prend l’image.

Le film se pose très vite mais il y a un endroit que je ne maîtrise pas encore car à l’impression une quantité de défauts, poussières et rayures apparaissent. Reste à trouver l’étape de la pose où je me trompe. Quant à la coupe du bord du film il m’a fallu 3 jours pour comprendre le geste et ne plus les avoir à l’impression.

L’encre à l’eau.

L’utilisation d’encres à l’eau permet plus de spontanéité dans les recherches car elles s’essuient plus vite et il suffit d’un simple coup d’éponge savonneuse sur la plaque pour changer de couleur.

De la photographie à la photogravure.

J’émettais tout de même quelques réserves. Je ne suis pas du tout photographe et je n’aime pas prendre des photos.  J’en prends parce-que quand je pars en vacances on me dit « tu prendras plein de photos pour nous montrer ? ». J’utilise mon appareil numérique comme un bloc note. J’enregistre des formes parce qu’elles pourraient me servir un jour dans une gravure mais je suis toujours déçue de mon cadrage et de la différence entre ce que je vois et ce que l’appareil enregistre. Quant à l’argentique, je l’utilise d’un point de vue sentimentale mais les négatifs que j’obtiens  sont sans intérêt.

En revanche lorsque travaille à la réalisation du film ce n’est pas en photographe que je pense mais en graveur ! (et ça, ça me parle). Du coup cette technique correspond  vraiment à ma façon de travailler qui consiste à imprimer à photographier mes modèles puis à en imprimer des  fragments que je redécoupe, recolle…. puis décalque (et oui, je décalque et alors comme ça j’économise les problèmes de perspective et de proportions) afin d’avoir un point de départ.

Quelques bêtises…

Comme c’est en se trompant qu’on apprend (c’est ce qu’on dit pour avoir moins honte) j’ai cumulé les bêtises :

  • oublier une plaque,
  • en développer une vierge et pour que personne ne le sache ne pas faire durcir le film cacher la plaque dans un coin puis la retrouver entièrement collée à tout ce qui a été en contact avec elle …

Mon avis sur la gravure non toxique.

Je suis littéralement conquise par ces diverses techniques !

  • On gagne en temps et en spontanéité.
  • Elles sont  accessibles et simples à mettre en œuvre (les démonstrations avaient lieu dans la cuisine pendant que le repas se préparait !)
  • Cela permet, selon moi, une totale adéquation entre savoir faire traditionnel et techniques numériques.

Et après

Bien évidemment, quand mon atelier sera prêt, j’effectuerai toute une série de tests comparatifs, principalement sur les encres. Je ferai même une transition vers le non toxique ! Après tout mon atelier est à la cave alors ne prenons pas de risque inutile.

Une chose est sûre la gravure à encore de beaux moments devant elle.

Montfermeil, le 4 décembre 2014.

Pour aller plus loin :

  • Henrik Boegh, celui qui a mis la gravure non toxique au goût du jour en Europe.
1 Comment
  • VITRINART (michel Seiller) © Copyright 2012 All right reserved
    Posted at 14:06h, 04 décembre Répondre

    Ah enfin ,de jeunes artistes qui relèvent le défi de la gravure 🙂
    Je vais suivre vos créations
    Je suis un passionné de gravures suite à une rencontre avec René Bord ,vieux graveur lyonnais dans les années 1990 et Martian Aymé ,graveur par monotypie,lyonnais aussi ( rencontre plus récente 2011).
    A bientôt ,donc
    Salutations de Bourgogne sud

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